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Les sociétés d’intérim
mènent le bal

La loi Borloo de janvier 2005 a profondément modifié la donne du monde de l’intérim.

 

    Cette disposition légale a permis (ou, plus exactement, a rendu légal) le fait pour un spécialiste du travail temporaire de réaliser des recrutements en contrat à durée indéterminée et de recevoir des honoraires pour cela. Dans la terminologie des sociétés d’intérim, cela s’appelle du « placement ». Aujourd’hui, il n’y a plus un seul intérimaire à ne faire que de l’intérim. Tous proposent aujourd’hui à leurs clients un panaché composé de missions en intérim et de placement en contrat à durée indéterminée. Cette loi a officialisé une pratique largement répandue : réaliser des recrutements en CDI en les faisant commencer par une période d’intérim. De leur côté, les cabinets de recrutement sont autorisés à faire des missions d’intérim. Cela va considérablement rapprocher les deux métiers.

    L’intérim de cadre et le management de transition sont deux services visant, grosso modo, le même but : permettre à une entreprise de remplacer momentanément un responsable. Mais tandis que l’intérimaire réalise une mission chez un client en étant un salarié en contrat à durée déterminée de l’agence d’intérim, le « manager de transition » est, à l’instar d’un consultant, un salarié en contrat à durée indéterminée de son cabinet, envoyé en mission chez un client, qui paye des honoraires à la journée au cabinet de conseil. Avantage pour le client : les consultants sont des CDI recrutés avec soin, que l’on forme et qu’on met sur des missions. Leurs compétences sont a priori supérieures à celles des intérimaires. Mais ils sont plus chers. Le coût de la journée avoisine celui d’un consultant d’un cabinet d’audit ou de conseils. Soit de 1000 à 2000 €. D’autres spécialistes du management de transition disposent d’un volant de consultants free-lance qu’ils placent en CDI chez leurs clients en prenant au passage des honoraires de mise en relation.

    Pour l’entreprise, l’intérim est un moyen de trouver rapidement une ressource de qualité pour un coût finalement compétitif. Les sociétés de travail temporaire prennent une marge, appelée coefficient. Il est compté en chiffres. 1 équivaut au salaire, 0,6 aux charges patronales et 0,3 concerne les frais de gestion. Avec un coefficient de 1,9, les entreprises de travail temporaire ne gagneraient pas d’argent. S’ajoute donc leur marge, qui est comprise entre 0,4 et 0,8 selon la difficulté de la mission, le nombre de missions confiées et leur… notoriété ou leur fibre commerciale. C’est cette partie du coefficient qui peut être négociée. Les coefficients annoncés sont donc compris entre 2,3 et 2,8. Prenons l’exemple d’une mission pour un cadre qui sera payé 50 000 € bruts par an. Pour ce salaire et un coefficient de 2,5, cela coûtera à l’entreprise sur un an le salaire (1 soit 50 000 €), les charges sociales (0,6 soit 30 000 €), les charges de l’entreprise de travail temporaire (0,3 soit 15 000 €) et la marge de l’entreprise (0,6 soit 30 000 €). Cela signifie qu’une entreprise peut essayer un cadre six mois pour 15 000 € (30 000 € par an divisés par deux) et l’embaucher par la suite. Coût de l’opération : 15 000 €. L’intérim devient alors compétitif par rapport au recrutement par des cabinets de recrutement.

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